17.10.2005
La dernière bourde de Condoleeza Rice Par J.C Cambronne

Le Conseil Electoral Provisoire, organisme indépendant chargé d’organiser les prochaines élections en Haïti avait décidé d’agréer la candidature de 32 candidats à la présidence sur une liste de 54 postulants. Parmi les candidats refusés, figure le nom d’un célèbre milliardaire Américain d’origine haïtienne appelé Dumarsais Simeus. Ce richissime homme d’affaires qui avait brillamment dans l’industrie alimentaire, très proche des milieux conservateurs prétendait devenir président de la république d’Haïti pour la débarrasser des corrompus et de ses vieux démons superstitieux africains qui la maintiennent en marge du développement et de la modernité. Ce que le sieur Ciméus avait oublié dans sa course folle à la présidence de la république d’Haïti, c’était la lettre de la constitution qui interdit formellement aux étrangers naturalisés, aux haïtiens ayant renoncé à leur nationalité d’origine de postuler comme présidents de la république ./. C’est ce qui a expliqué d’ailleurs la décision du Conseil électoral Haïtien concernant le rejet catégorique de sa demande de postulation à la candidature à la présidence de la république.
Le sieur milliardaire qui a ses entrées et sorties à la maison blanche à Washington, alerta ses amis américains. Ceux-ci se précipitèrent à son secours comme à l’accoutumée, envoyant sur le terrain la moins bien sympathique Madame Rice pour faire comprendre aux misérables du Conseil Electoral que rien ne pouvait justifier leur refus d’accepter la candidature de leur candidat américano-haïtien. La cour de Cassation Haïtienne saisie par une plainte du Sieur Ciméus encaissa le message de Madame Rice sans broncher. Elle statua
Pendant plus de huit jours sur la question. Elle vient de décider que la candidature du candidat américano-haïtien était recevable, malgré la lettre de la constitution.
Cette décision de la haute cour Haïtienne non seulement choque l’honneur et la dignité du peuple haïtien aujourd’hui condamné à vivre sous un régime d’occupation étrangère, mais dénonce aussi avec quelle légèreté, avec quelle grossièreté les américains interviennent dans les affaires de ce pays. Devant une telle farce, les partis politiques dans leur ensemble condamnent la décision de la Cour de cassation accusée d’avoir été corrompue par l’argent étranger et se disent catégoriquement opposés à la présence de Monsieur Ciméus à titre de candidat à la présidence de la république. Le gouvernement fantoche Latortue-Alexandre à la solde de l’étranger empêtré dans ses petites chaussures condamna la décision de la haute court de cassation. Elle décida en outre de former une commission d’enquête chargée de faire toute la lumière autour de cette sordide affaire d’influence et de pot-de-vin.
La question que tout le monde se pose, c’est comment le candidat américano-haïtien vivant aux Etats-Unis depuis 45 ans sans discontinuité a pu se procurer en si peu de peu des papiers certifiant sa domiciliation en Haïti ces 5 dernières années, la possession d’un passeport Haïtien alors qu’il voyageait dans le pays avec des documents de voyage américains ? La réponse à ces interrogations, c’est la corruption massive qui ronge tout le corps social haïtien, depuis les plus hautes sphères de l’administration et de l’état jusqu’aux citoyens de plus basse extraction rongés depuis des générations par la misère, l’exclusion et le désespoir.
20:48
Écrit par Jos
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Chasse à l’homme en République Dominicaine Par J.C Cambronne

Depuis quelques semaines, nous assistions impuissant à une véritable chasse à l’homme en République Dominicaine déclenchée par les autorités de ce pays contre les immigrés haïtiens résidents dans la partie est de l’île. Fuyant la misère et les conditions de vie misérables en Haïti, plus d’un millions de citoyens haïtiens franchirent légalement ou clandestinement les frontières de la république Dominicaine pour s’y établir et cela depuis des décennies. Employée surtout dans les vastes plantations de canne à sucre propriétés de multinationales américaines ou de riches capitalistes dominicains d’origine étrangère, cette immigration taillable et corvéable, vivant dans des conditions proches de l’esclavage, a toujours été le souffre douleur des classes dirigeantes dominicaines particulièrement soucieuse de sauvegarder la blancheur écarlate de sa race face à la menace que représente cette masse de nègres analphabètes et sauvages déferlant dans leur pays. Le dictateur sanguinaire Rafaël Leonidad Trujillo en 1932 pourtant d’ascendance haïtienne déclencha un terrible massacre des immigrés haïtiens se soldant par la mort de plus de 40000 personnes. Des années plus tard, des milliers de paysans pauvres et misérables haïtiens continuent de franchir la frontière des deux pays à la recherche d’une vie meilleure malgré les mauvais traitements, les conditions de travail inhumaines et les discriminations les plus imbéciles qui les attendent sur le sol dominicain.
Aujourd’hui cette main d’œuvre bon marché, abandonnée à elle-même par les autorités haïtiennes ne fournit pas seulement sa force de travail dans les plantations de canne à sucre, mais aussi dans l’industrie touristique et la construction. On peut dire avec certitude que cette main d’œuvre haïtienne a été déterminante dans l’émergence de la république dominicaine en tant que place forte du tourisme international dans les caraïbes.
Ce qui fait peur aujourd’hui à la classe politique dominicaine, quelle soit de droite ou social-démocrate, c’est le poids politique que pourrait représenter une partie de cette immigration haïtienne, née sur le territoire dominicain, de parents haïtiano-dominicains ou d’Haïtiens parfaitement intégrés dans le pays depuis des décennies et à qui, on refuse systématiquement le droit à la nationalité dominicaine malgré la lettre de la constitution. Dynamique, sans complexe, fière de son origine et de sa culture l’élément haïtiano-dominicain hante le rêve d’une classe politique dominicaine obsédée par une partie de son histoire commune avec Haïti et de ses séquelles traumatisantes. Pour y échapper, Elle se cabre derrière tout un ensemble de comportements irrationnels comme les violences institutionnelles par l’armée et les forces de police, les violences de type raciste entretenues parmi la population la plus pauvre sur la menace que constitue l’haïtien ou l’haïtiano-dominicain montré du doigt comme un envahisseur menaçant la pureté raciale ou le confort du pays catalogué encore l’un des plus pauvres au monde.
La chasse à l’homme, les persécutions dont souffrent les immigrés haïtiens en république dominicaine dépassent les limites de l’intolérable. Des citoyens sont brûlés vifs, d’autres sont assassinés en toute impunité sans que la justice dominicaine intervienne. Des éléments nocifs de l’armée et de la police exercent de véritables expéditions punitives dans les quartiers habités par les immigrés haïtiens, ces mêmes délinquants rançonnent les petits commerçants haïtiens en toute légalité sans que ces actes ne soient sanctionnés par les autorités. Ces derniers mois, plus de 5000 immigrés haïtiens ont été brutalement renvoyés en Haïti et leurs biens pillés ou volés au mépris des lois locales censées accorder un minimum de protection citoyenne.
Décidément la classe politique dominicaine dans ce dossier agit comme si elle avait perdu la mémoire et le sens des réalités historiques qui conditionnent les relations des deux pays partageant l’île. C’est grâce à Haïti que la république Dominicaine a pu entrer dans le cercle des pays ACP associés à l’union européenne. Jusqu’ici, c’est elle qui profite avec la complicité des autorités haïtiennes de tous les projets financés par l’union européenne soi-disant au bénéfice des deux pays. Les relations économiques et commerciales entre Haïti et la république Dominicaine laissent un large bilan positif en leur faveur, soit à peu près un milliard de dollars U.S. Les dominicains profitent également de la présence en Haïti des 8000 militaires de la MINUSTA, qui sont autant de touristes occasionnels et de clients pour ses bordels, sans oublier l’argent de la diaspora haïtienne qui alimente le commerce trans-frontalier.
Le devoir de mémoire doit rappeler à la classe politique Dominicaine que rien n’est acquis sur cet échiquier des relations entre les deux pays. Le dialogue, l’équité, le respect des intérêts mutuels et la justice doivent primer avant tout si on veut vraiment trouver une solution définitive au sort des haïtiano-dominicains, des haïtiens résidents légalement sur le terroir dominicain, solution qui doit passer irréversiblement par la reconnaissance des droits de cette population au même titre que les droits de tous les dominicains reconnus par leur constitution et les lois du pays. Dans le cas contraire, personne ne pourra présager l’avenir de ces deux pays dans le cadre d’une caraïbe libre du sous-développement, de la dépendance, tournée vers la modernité.
J.C Cambronne
20:21
Écrit par Jos
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