20/08/2005

L’HONNEUR PERDU DE GERARD LATORTUE por J.C Cambronne 01/08/05

 L’HONNEUR PERDU DE GERARD LATORTUE
 Le 14 juillet 2005, dans un discours prononcé à l’ambassade de France dans la capitale Haïtienne, le Premier Ministre Gérard Latortue déclare…
« je vous assure, Monsieur l’ambassadeur, Mesdames et Messieurs de la communauté internationale, quand nous nous sommes arrivés au pouvoir au mois de mars, si on nous avait laissé un peu plus de liberté pour travailler avec nos anciens militaires pour qu’ils participent à la lutte contre les gangs armés… »

Une fois encore Gérard Latortrue avoue avec cette indécence qui le caractérise qu’aux yeux de la communauté internationale, il n’est qu’un pantin, une personnalité politique creuse et sans consistance qui se contente uniquement d’exécuter les ordres de ses maîtres. Rongé par l’ambition, attiré particulièrement par les avantages que procure le pouvoir dans les circonstances actuelles, Gérard Latortue avoue devant un parterre de diplomates et de représentants de ONG chargés de mettre en œuvre le processus de recolonisation de Haïti qu’il a été politiquement un lâche et un irresponsable sans vergogne fuyant ses responsabilités gouvernementales pour se courber devant le diktat d’une certaine communauté internationale incarnée par les Etats-Unis, la France, l’Union Européenne, Gabriel Valdez le représentant de l’ONU et un général Brésilien, commandant de la force militaire d’occupation. Le tandem Latortue-Alexandre s’est révélé ainsi comme une vulgaire caricature institutionnelle imposée par l’étranger pour masquer la mise sous tutelle accélérée du pays décrié ingouvernable et en faillite totale.
Gérard Latortue dit regretté de n’avoir pas engagé les ex-militaires dans la lutte contre les gangs armés et les partisans d’Aristide. Il ne dit pas cependant sa part de responsabilité dans l’assassinat et la liquidation de ces mêmes ex-militaires par les hommes de la MINUSTA. Or la décision concernant ce massacre a été prise par les responsables de l’occupation quand il s’est avéré que les partisans de l’ex-président Aristide s’apprêtaient à négocier un accord politique avec leurs anciens ennemis en vue d’unir leurs forces contre le gouvernement fantoche Alexandre-Latortue soutenu et imposé au pays par cette même communauté internationale.
Face aux actions des partisans d’Aristide dans la capitale, face à la généralisation du sentiment d’insécurité aggravé par la multiplication des actes de violence extrême comme les enlèvements de personnes, les viols, les attaques à main armée, les autorités d’occupation ne laissèrent aucun choix aux responsables gouvernementaux dépouillés au fur et mesure de toute compétence. La Police Nationale a été placée directement sous les ordres de la MINUSTA, un nouveau chef de la police, ancien haut gradé de l’ancienne armée a été nommé .Des opérations lancées à la cité soleil, et au bel-air laissent des morts et des dizaines de blessés. Une parfaite corrélation s’établit alors entre la détérioration du climat général d’insécurité et les actions sanglantes de la MINUSTA relayées à travers les médias comme la seule réponse aux graves problèmes qui se posent au pays. La manipulation laisse pourtant indifférente la classe politique toute entière qui approuve et dans certains milieux, le mépris du peuple exalté autant que la démission face au sentiment national qui disparaît insidieusement sous des appels hystériques lancés aux marines pour revenir rétablir l’ordre ancien. Dans cette conjoncture propice aux manipulations de toute sorte, les actions des occupants se focalisent uniquement sur le processus de décomposition de ce qui reste comme état résiduel en Haïti et l’accélération de la prise en charge de toutes les compétences laissées jusqu’ici aux mains d’une administration indigène corrompue et pourrie.
Mais comment vont faire les responsables de l’occupation pour détourner l’attention de l’opinion publique sur le fait que l’intervention étrangère dans les affaires du pays contenait déjà les germes de la décomposition actuelle. La plupart des chefs de gangs les plus sanguinaires sont des criminels d’origine américano-haïtienne renvoyés en Haïti ces derniers temps avec la complicité actives des autorités nationales. La grande majorité des bandits armés se réclamant de la mouvance politique lavalassienne soutenaient un gouvernement Aristide qui hier encore était une création de l’administration démocrate de Bill Clinton et un pion dans la stratégie américaine de domination. L’amalgame en gros faisait partie du dispositif de dépendance. A ce point, la terreur de l’insécurité s’allie avec la terreur de la MINUSTA dans un cycle de violence prétendant instaurer une ère de démocratie artificielle à laquelle est exclue la grande masse des haïtiens. Evidemment, l’échéance visée, ce sont les prochaines élections présidentielles. Comme en Irak, comme dans d’autres pays vivant sous l’emprise d’une occupation étrangère, ces élections ne résoudront aucun problème, surtout dans l’optique de la complexité Haïtienne. Des élections visant à conforter la domination des milieux d’affaires, une société civile liée au néo-libéralisme dur et sans pitié, une oligarchie locale faible sans projet ne peuvent garantir en aucune façon l’émergence d’une démocratie qui serait forcément étrangère au peuple haïtien maintenu dans sa misère et dans solitude amère loin des préoccupations mondialistes des Etats-Unis ou de la France coincés dans leur complexe de domination. Gérard Latortue est un fourbe en politique .Ses pitreries loin d’amuser les parterres de diplomates dans la capitale ne provoquent qu’indifférence et mépris d’une population qui apprécie certes le goût de la patience associé à celui de la vengeance le moment venu.

J.C Cambronne







14:06 Écrit par Jos | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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